Terça-feira, 30 de Abril de 2019

Fertilidade transumante

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(Pomar de amendoeiras na Cova da Beira)

Esta "reportagem" (ver aqui) sobre a polinização de amendoeiras na Califórnia através de colónias de abelhas transumantes é um bom exemplo da complexidade das questões associadas às culturas intensivas…

 

«En Californie, la grande migration des abeilles

Chaque année, les deux tiers des ruches américaines partent vers la Californie pour polliniser des amandiers. Une transhumance devenue nécessaire.

Chaque année, les deux tiers des ruches américaines partent vers la Californie pour polliniser des amandiers. Une transhumance devenue nécessaire.

Dans un grand champ baigné de soleil et bordé de milliers d’amandiers, Jim Rodenberg inspecte minutieusement l’intérieur de ses ruches pour s’assurer que ses abeilles sont en bonne santé. Cet apiculteur originaire du Montana vient de passer un mois dans la vallée centrale agricole californienne, près de Bakersfield, où ses abeilles ont participé à la plus grande opération mondiale de pollinisation d’amandiers. « Pour répondre aux besoins croissants du marché florissant de l’amande en Californie, ce sont plus de 70 % des ruches du pays qui sont envoyées ici, chaque année, puis louées dans les champs aux cultivateurs, pour polliniser les fleurs », explique Jim Rodenberg dans sa combinaison blanche grillagée.

Chargées à bord de semi-­remorques, à l’automne 2018, ses 4 000 ruches ont réalisé un périple de 2 500 kilomètres et traversé pas moins de cinq états différents, du Montana à la Californie en passant par l’Idaho, l’Utah et le Nevada. « Maintenant que la saison est terminée et que mes abeilles ont bien travaillé, je me prépare à envoyer une petite partie de mes ruches au nord, dans l’État de Washington, pour polliniser des pommiers et des cerisiers. Le reste va retourner passer la fin du printemps et l’été dans des champs de luzerne du Montana pour y produire du miel », explique l’apiculteur.

Mais avant de reprendre la route, Jim Rodenberg doit d’abord vérifier que ses reines sont toujours en vie et en capacité de continuer à pondre. « Dieu merci, celle-ci semble en forme », se félicite-t‑il, penché au-dessus d’une ruche bourdonnante, un enfumoir à la main. « Aujourd’hui, entre l’exposition aux pesticides et aux fongicides, et la mite Varroa qui est très agressive, les reines, qui vivaient autrefois entre quatre et cinq ans, ne durent plus aussi longtemps, se désole-t-il. Je suis maintenant obligé de les remplacer presque chaque année.»

Le mouvement de transhumance annuelle des abeilles vers la Californie est fortement soupçonné de contribuer à l’augmentation continue du taux de mortalité des colonies, constatée aux États-Unis depuis une trentaine d’années. « Le fait de concentrer la quasi-totalité des abeilles du pays chaque année dans la vallée centrale favorise forcément la propagation de maladies et de parasites », reconnaît Jim Rodenberg. Le voyage imposé aux colonies, qui viennent parfois d’aussi loin que de Floride, a également tendance à stresser les abeilles et à affaiblir leur système immunitaire, les rendant vulnérables aux pathogènes.

Cette année, Jim Rodenberg et son partenaire Les Wienke estiment toutefois avoir évité le pire. « Nous n’avons perdu “que” 20 % de nos colonies, alors que la moyenne aujourd’hui tourne plutôt entre 30 et 40 % », explique Jim Rodenberg en montrant un tas de ruches vides, reléguées dans un coin du terrain. « Ça reste tout de même très préoccupant, renchérit Les Wienke. Dans les années 1980, le taux de pertes annuel était autour de 10 %. Depuis, ce chiffre n’a cessé de grimper. »

Pour lutter contre les pesticides, une fois la pollinisation terminée, certains apiculteurs soumettent aujourd’hui leurs abeilles à de véritables cures de désintoxication en pleine nature.C’est le cas de Nick Noyes, un apiculteur de l’Idaho, qui vient de passer l’hiver avec ses 10 000 ruches à Firebaugh, à une centaine de kilomètres au nord de Bakersfield. « Ce soir, une partie de mes colonies partira à bord de camions en direction du Texas. Là-bas, j’ai repéré un espace sauvage idéal, où mes ruches seront à l’abri des produits chimiques et où elles pourront plus facilement se repeupler », explique l’apiculteur, à bord de sa camionnette, en sillonnant une dernière fois les allées d’amandiers en fleur. « Je tiens toutefois à garder l’endroit secret, précise-t-il, car ces espaces sont de plus en plus rares aux États-Unis. »

Pour Nick Noyes, les pratiques agricoles américaines sont en partie responsables du dépeuplement des abeilles. Il pointe notamment du doigt le développement de monocultures intensives comme celle de l’amande et la disparition progressive des surfaces fourragères naturelles, en partie détruites par les herbicides. « Pour être en bonne santé, on ne peut pas se contenter de ne manger que du steak. Les abeilles sont comme nous. Elles ont besoin d’un régime diversifié, note l’apiculteur. Aujourd’hui, nous sommes obligés de les bourrer de sirop de glucose et de protéines artificielles pour compléter leur alimentation. Sans cela, nos pertes annuelles seraient bien plus catastrophiques. »

En plus du repeuplement des ruches opéré par les apiculteurs, « les cultivateurs d’amandes ont aussi pris certaines mesures qui ont permis de mitiger les pertes, souligne Bob Curtis, consultant pour la Collective des amandes de Californie. Par exemple, certains n’appliquent plus de fongicides le jour mais attendent la nuit », lorsque les abeilles sont à l’abri dans les ruches.

Malgré tous ces risques et ces contraintes, les apiculteurs itinérants ne sont pas prêts à renoncer à leurs activités de pollinisation, sans trop s’interroger sur le bien-fondé d’une migration par camion, mise en place pour pallier un service normalement rendu par la nature… Ni sur l’érosion de la biodiversité alarmante que cela révèle. Au cours de la dernière décennie, l’explosion du marché californien de l’amande a même rendu l’apiculture migratoire extrêmement lucrative. « Aujourd’hui, 50 % de mes revenus sont issus de la pollinisation, à égalité désormais avec les revenus que je tire du miel », explique Nick Noyes. Cette année, pendant la floraison, ses ruches se sont louées autour de 220 dollars pièce, contre 60 dollars en moyenne au milieu des années 2000.»

En Californie, la grande migration des abeilles. Reportage. La Croix.

 


publicado por Fernando Delgado às 23:07
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